Nom d’une femme mariée : les règles d’écriture à connaître

Il y a plus d’un an, l’exposition spéciale intitulée « The Whole Truth… Ce que vous avez toujours voulu savoir sur les juifs » s’est terminé au Musée juif. En plus des discussions animées et des vitrines vides, il restait des milliers de post-its roses que nous avons gardés et lus attentivement. Nous voulons répondre à certaines questions, commentaires et impressions que les visiteurs nous ont laissés ici dans ce blog au cours des prochains mois, notamment : Les femmes orthodoxes ne montrent plus leurs cheveux en public après le mariage.

Dans la tradition juive orthodoxe, le mariage marque une étape visible : à partir de ce moment, les femmes cessent d’exposer leurs cheveux en public. Ce choix n’est pas anodin, il s’exprime au travers d’accessoires précis, foulard, perruque, et parfois même béret ou filet. En yiddish, cette perruque est appelée « sheitel ». Ces signes extérieurs racontent, à leur manière, l’attachement à une identité, à des valeurs, à une lignée. Une façon, aussi, de signifier au monde qu’un engagement a eu lieu.

L’origine de cette pratique plonge ses racines dans la Bible. On la retrouve dès le récit de la première rencontre entre Rebecca et Isaac : « Rébecca a levé les yeux et a vu Isaac. Elle s’est laissée descendre du chameau et a demandé à la servante : “Qui est l’homme qui est là pour nous rencontrer sur le terrain ?” Le serviteur a dit : “C’est mon maître.” Puis elle a pris le voile et s’est voilée. » (Genèse 24:64 et suivants). Ce geste, simple et direct, deviendra ensuite une référence pour les générations suivantes.

Mais la couverture des cheveux n’a pas toujours été pratiquée partout de la même façon. Il faut attendre le XVe siècle pour que la coutume s’impose réellement dans le judaïsme orthodoxe. À partir de là, elle s’enracine, se transmet, évolue. Au XVIIIe siècle, dans les milieux hassidiques d’Europe de l’Est, la pratique se radicalise : lors du mariage, certaines femmes se coupent les cheveux, puis adoptent le tichel, ce fameux foulard noué. Ce geste, fort, traduit un engagement sans détour, mais n’empêche pas les variations ni les adaptations selon les courants.

Dans la réalité, chaque tradition propose ses propres nuances. Les divergences portent sur la quantité de cheveux à couvrir, sur la nature du couvre-chef, sur l’interprétation du texte. Les règles ne sont pas gravées dans le marbre. Dans certaines familles, le moindre cheveu doit rester dissimulé. Dans d’autres, quelques mèches peuvent affleurer. Il existe autant de manières de faire que de communautés, autant de subtilités que de sensibilités.

À l’heure actuelle, une femme orthodoxe mariée dispose d’un choix étendu pour couvrir ses cheveux. Voici quelques options courantes qu’elle peut envisager :

  • Le sheitel, une perruque sophistiquée, parfois indétectable, qui permet de s’adapter à différents contextes sociaux.
  • Le tichel, foulard noué de mille façons, très présent dans les milieux hassidiques.
  • Le béret, choix plus discret, porté seul ou en superposition.
  • Le filet à cheveux, accessoire plus léger, adopté par certaines communautés.

En choisissant l’une ou l’autre forme de couvre-chef, chaque femme affirme sa propre vision de la tradition, tout en jonglant avec les tendances, la mode, voire le confort quotidien. On croise parfois des perruques si travaillées qu’elles semblent défier le regard, ou des foulards colorés qui tranchent avec le classicisme ambiant. Ce sont autant de signes d’une identité assumée, d’une confiance tranquille dans la transmission de gestes anciens, adaptés à la vie d’aujourd’hui.

Au fil des rues, entre tradition et créativité, la diversité des couvre-chefs raconte mille histoires silencieuses. À chaque silhouette, une nuance, une intention, un héritage en mouvement.