Faut-il vraiment éviter de poser ses coudes sur la table ?

Claquer la langue, tapoter la table, tout ça n’a jamais eu sa place lors d’un repas. Et le fameux coude planté sur le rebord non plus. Si, en plus, il reste de la nourriture dans la bouche, mieux vaut attendre d’avaler, même si la question du voisin brûle les lèvres. Pour éviter les impairs, la fameuse méthode Knigge reste une boussole fiable pour qui veut naviguer les subtilités des bonnes manières à table.

Arriver en Allemagne, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. Nouveaux visages, nouveaux codes, et d’un coup, une invitation tombe : un collègue vous propose un dîner chez lui. L’occasion est belle, mais la pression monte, pas question de se faire remarquer pour une maladresse. Voici donc, pour traverser le repas sans faux pas, neuf règles de savoir-vivre à table, testées et approuvées par Knigge.

1. Attendre pour s’asseoir

Entre amis proches, on prend ses aises. Mais si l’hôte vous connaît à peine, il vaut mieux respecter la règle : n’allez pas vous asseoir sans y avoir été invité, ou avant que tout le monde ait pris place. Un détail qui pose les bases d’un respect partagé dès les premiers instants.

2. La serviette, alliée discrète

Avant la première bouchée, la serviette trouve sa place sur vos genoux. Elle n’est pas là pour remplacer un mouchoir ou s’occuper d’un nez qui gratte : elle sert à éponger les coins de la bouche, et c’est tout. Une fois le repas terminé, la serviette se dépose pliée à côté de l’assiette. La jeter froissée sur la vaisselle ? Mauvaise idée.

3. Quand commencer le repas

La faim peut tirailler, mais la politesse prime : même si l’assiette arrive devant vous en premier, attendez que votre hôte commence à manger avant de toucher à quoi que ce soit. C’est la règle, même quand l’estomac crie famine. Un geste simple, mais qui traduit le respect de la tradition.

4. Tenir le verre correctement

La première gorgée de vin ou de boisson non alcoolisée, elle aussi, se prend au bon moment : après un toast ou, si rien n’est prévu, après que l’hôte ait bu. Pour le vin, autre détail : on saisit toujours le verre par le pied, jamais par le calice. Non seulement cela préserve la température, mais cela évite aussi les traces de doigts disgracieuses. Avant de porter le verre à ses lèvres, un passage discret de la serviette sur la bouche permet de garder le bord du verre impeccable.

5. Silence et discrétion pendant le repas

Si, ailleurs, roter ou faire du bruit à table passe pour un signe de satisfaction, il n’en est rien ici. En Allemagne, ces comportements sont perçus comme déplacés, voire irrespectueux. La conversation se veut animée mais polie, et tout ce qui peut rappeler la cantine d’école, bruits de couverts, raclements de chaise, reste à bannir.

6. Mâcher bouche fermée

Pas question d’exhiber la nourriture en mastiquant. Toujours garder la bouche fermée. Si une question vous est adressée alors que vous venez de prendre une bouchée, prenez le temps d’avaler avant de répondre. Privilégier de petites portions permet d’éviter ces moments gênants où l’on doit choisir entre parler ou mâcher. La conversation n’en sera que plus fluide.

7. Avant-bras sur la table, coudes en retrait

En Allemagne, les deux avant-bras reposent sur le bord de la table durant le repas, contrairement à la coutume anglo-saxonne qui veut qu’une main reste sur les genoux. Les coudes, en revanche, n’ont rien à faire sur la table. Le dos droit, la fourchette va à la bouche, et non l’inverse.

8. Les couverts bien tenus

La fourchette se tient dans la main gauche, le couteau dans la droite. On ne serre pas les couverts dans le poing, mais on les maintient élégamment, entre le pouce et l’index. Contrairement à d’autres pays où l’on coupe d’avance la viande puis dépose le couteau, ici on coupe et mange chaque morceau au fur et à mesure, sans jamais lâcher les couverts.

9. Signal de fin de repas

Pour signaler que le repas est terminé, les couverts se placent parallèles, pointant en diagonale vers le bas à droite de l’assiette, ce que l’on nomme la position « vingt heures vingt ». Ce geste indique au personnel (notamment au restaurant) que l’assiette peut être débarrassée sans risquer la confusion.

A découvrir aussi sur notre blog : Les règles du savoir-vivre ne s’arrêtent pas là. Qui règle l’addition, qui passe la porte en premier, jusqu’où peut-on improviser une visite ? L’étiquette allemande s’inscrit dans une histoire longue de plusieurs siècles : Adolf Freiherr Knigge, auteur du grand classique sur la question, a laissé sa marque il y a près de 250 ans. Aujourd’hui, selon une enquête de l’institut Emnid, 98% des Allemands accordent de la valeur aux bonnes manières. Pour aller plus loin, nous avons compilé ici quelques recommandations et interdits : le « chevalier » moderne d’Allemagne, c’est celui qui évite de froisser son entourage avec une attitude irréfléchie. Et pour les amateurs de gastronomie, la tradition n’a pas dit son dernier mot : la saucisse et la choucroute restent indétrônables sur les tables allemandes. Oubliez la cuisine moléculaire, ce sont les recettes de grand-mère qui font aujourd’hui recette. Dix classiques allemands incontournables vous attendent, de quoi étoffer votre carnet de saveurs.

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